MC Jaume

10 décembre 2017

Comment Vivre en Héros ?

C'est l'histoire d'un mec...
L'événement fondateur de son jistoire est l'une de ces lâchetés que l'instinct de survie impose. Tristant, jeune boxeur, de retour d'un match, fuit devant une bagarre provoquée par son mentor, plus tête brûlée que de raison.

Ce sera son péché originel, que l'on pourra croire expié lors d'un autre événement structurant de sa vie, mais les choses ne sont jamais simples.

Sur cette trame, Fabrice Humbert (L'origine de la violence, Eden Utopie,...) étudie la question de l'héroïsme au quotidien, cette guerilla incertaine contre les lâchetés ordinaires, et sur les embellissement que l'on peut (se) raconter pour ne pas sombrer dans la médiocrité.

Fin et captivant, "Comment vivre en héros" (Gallimard) n'est pas l'un de ces manuels à la charte graphique jaune et noire, mais une illustration élégante de la complexité de l'existence lorsque l'on prétend s'astreindre à certains standards.

comment-vivre-en-heros-1

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09 décembre 2017

Pour se réconcilier avec les données et les algorithmes

Voici une étude bourrée de qualités :

  1. Elle est originale
  2. Elle est intéressante quant à ses conclusions
  3. Et elle va dans le sens de notre adhésion enthousiaste au Roman National si cher à certains.

 

Napoleon was the Best General Ever, and the Math Proves it.

Almost every When Africanus asked who, in Hannibal's opinion, was the greatest general, Hannibal named Alexander... as to whom he would rank second, Hannibal selected Pyrrhus...asking whom Hannibal considered third, he named himself without hesitation. Then Scipio broke into a laugh and said, "What would you say if you had defeated me?"

https://towardsdatascience.com

Source: ExterneMoyenne

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08 décembre 2017

Une page qui se tourne

Pour les impromptus.

Une page qui se tourne

Une année. Assez conventionnellement, et avec une incertitude liée à la longitude à laquelle je me trouve à cet instant, advient la remise à zéro des statistiques, et la cohorte des résolutions qui deviennent applicables. Vite, oublier l’année écoulée, et repartir d’un bon pied.
Encore une page qui se tourne.

Un mois. Une période plus floue, le premier jour travaillé, le virement de l’employeur et la trésorerie domestique qui redevient sans histoire, la perspective des anniversaires, des commémorations, des vacances : tous ces jalons, récurrents, qui font que ce mois n’est pas le même que le précédent.
Encore une qui se tourne.

Une semaine. C’est lundi, écrire le numéro de la semaine au feutre fluorescent jaune, et repasser le tour des lettres au stylo noir pour en accroître la lisibilité, en haut d’une nouvelle page du cahier. Au propre comme au figuré, encore une page qui se tourne.

 Un jour. Blême, pas encore levé d’ailleurs. La routine du matin et sortir dans la nuit de l’hiver.
Encore une page qui se tourne.

Une heure. Longtemps, j’ai guetté la remise à zéro synchrone des minutes et des secondes, virginité fugitive de la datation, et dans le compte à rebours de la journée qui s’étire, fastidieuse.
Encore une page qui se tourne.

Une seconde. Diastole, systole. Chaque seconde, la contraction du ventricule gauche propulse dans les artères environ cent millilitres de sang fraîchement oxygéné, apportant une seconde d’espérance de vie supplémentaire. Chaque seconde, la contraction du ventricule droit expédie le même volume pour nettoyage dans les poumons, qui le débarrassent du gaz carbonique, et tant pis pour l’effet de serre.

Toujours, une page qui se tourne.
Dans l’indifférence ordinaire, soupir noyé dans une histoire pleine de fureur et de bruit.

 

 

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26 novembre 2017

Vide Greniers

Pour les Impromptus Littéraires.

Vide greniers…

Un jour, il y a eu une nouvelle maison, dans l’enthousiasme de vies qui se construisent, d’enfants qui apprennent à marcher un animal en peluche en guise de balancier et de carrières qui s’installent.

Dans cette maison, était un « grenier », bien grand mot pour décrire une sorte de recoin mansardé, en haut d’un escalier si raide qu’il serait plus honnête d’appeler échelle.

Un recoin toutefois assez vaste pour accueillir toute l’obsolescence de la famille, et même une sorte d’espace aménagé en bureau.

Les années se sont écoulées, voyant les enfants grandir, les carrières louvoyer, et mon pas perdre de sa superbe lorsqu’il fallait gravir les raides degrés menant à mon recoin : sauvé par le temps des études supérieures et l’éloignement du foyer familial, libérant des chambres où les bestioles en peluche sont depuis longtemps des éléments de décoration pour un usage de bureau.

Ainsi a été franchi un jalon de cette histoire, entre l’adoption de lits jumeaux et celle de stores électriques, un peu laids mais si pratiques…

Et puis un jour arrive, on choisit de quitter cette maison, pour une avec des étages en moins et des cieux à la météorologie plus agréable.

Alors, il va falloir le vider, ce grenier : en redécouvrir le contenu, ces dizaines de petites boîtes de toutes formes, s’atteler à l’inventaire, au tri, s’apprêter à voir ressurgir des vagues de souvenirs pas toujours bienvenus – et pas uniquement la vieille collection de VHS pornographiques.

Car on sait que l’on va surtout retrouver les carnets de dessins délaissés, les partitions jamais déchiffrées, des cohortes de manuscrits inachevés, toutes ces strates de projets abandonnés, faute de temps, d’idées, de sincérité et, hélas, de talent.

Un jour, il y a une vie qui s’étiole, usée, lasse du fardeau de tous ces rêves abandonnés, de ces renoncements...et la fureur du nettoyage, radical, gaver toutes les bennes à ordures du quartier jusqu’à l’écœurerement…
Un dernier vide-grenier pour chasser les vieilleries qui emprisonnent un espoir que l’on ne veut pas abandonner.

 


Et si ce texte évoque Bénabar, ce n'est pas entièrement involontaire...

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23 novembre 2017

L'Internet est un monde merveilleux, des fois

J'illustrerai aujourd'hui mon propos en t'invitant, ami.e internaute, à aller sur le site de l'IETF, la fondation qui travaille à maintenir de l'ordre dans les technologies qui font l'Internet, pour y consulter la RFC 2324.

Les "RFC" (Request For Comment) sont, en quelque sorte, les normes de l'Internet, comme par exemple la RFC 2068 qui décrit le protocole HTTP, ou la RFC 1855, dont j'ai déjà du faire état ici, qui énonce les règles de bienséance (la "netiquette", terme hélas tombé en désuétude).

Que définit donc la RFC 2324 ?

L'HTCPCP (version 1.0), pour "Hyper Text Coffee Pot Control Protocol (HTCPCP/1.0)". La date de publication est une information clé.

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22 novembre 2017

TDD pour les nuls

Le "Test Driven Development" est une technique de développement logiciel dans laquelle la conception des tests est fondamentale : il faut s'assurer de la pertinence des cas test (qui sont une forme de spécification formelle du code en cours de réalisation) et de leur complétude.

La preuve en images :

TDDForDummies

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19 novembre 2017

Forêt d'automne

Pour les Impromptus, avec toute ma tendresse pour la forêt de Fausses Reposes.

Longtemps, je me suis levé du pied gauche.

Au sens propre, c’est le cas un peu tous les jours, je suis du côté gauche du lit, donc c’est le pied gauche qui émerge le premier de la couette, Mais au sens figuré aussi.

Je ne suis pas du matin.

Pourtant, j’aime le matin, mais je dois me faire violence pour être en condition d’en profiter. Il faut que le jeu en vaille la chandelle.

Comme ce matin.

Ce matin, l’Île de France est encore plus grise que d’habitude, noyée dans le brouillard. Il fait froid, humide, et j’ai du me faire encore plus violence que d’habitude pour mettre le nez dehors. Il y a même eu rébellion, je n’ai pas enfilé mon costume de coureur à pieds certifié stoppeur de vent et d’humidité, le nombre de couches réglementaires, qui évacuant la transpiration, qui conservant la chaleur mais pas trop, je ne me suis pas sanglé dans les attaches du sac dans lequel se glissent habituellement poche à eau et gels énergétiques.

Un pantalon de toile un peu passé, ma vieille parka dont la doublure en polyester a le toucher du doudou de mon enfance, et je suis parti, à travers les rues où régnait encore l’agitation du début de journée – le bobo francilien n’est pas toujours un lève-tôt – pour gagner, enfin, la Forêt.

Ma forêt, c’est une pauvre forêt périurbaine, domaniale certes, six cent hectares coincés entre quartiers résidentiels, autoroute, voies ferrées, coupée de départementales au trafic automobile soutenu, envahie de promeneurs pas toujours respectueux de l’écosystème…

Souvenir des vastes futaies organisées pour les plaisirs des chasses royales, elle a bien perdu de sa prestance, mais j’y suis attaché, au point de surmonter ce matin mes réticences pour aller la parcourir alors qu’avant de s’endormir pour plusieurs mois, elle expose – explose – comme dans un baroud d’honneur toute la palette des sensations de l’automne.

Je guette ces jours, précieux, car le feu d’artifice est une concordance de temps délicate. Il faut que la palette des jaunes et orangés des hêtres, des châtaigniers et les rouges des rares érables s’équilibrent, et un coup de vent suffit à détruire l’harmonie. Le soleil peut être de la partie, mais le brouillard de ce matin donne une imprécision, une sobriété qui me va. Pour ne rien gâcher, le brouillard favorise la conservation d’un peu de chaleur au sol, qui encourage les cohortes de collemboles dans leur travail d’exploitation méthodique des nutriments apportés par les premières couches de feuilles mortes.

Et pendant que les millions de petits arthropodes se démènent, les champignons poussent presque à vue d’œil.

C’est cette période de l’année où je regrette quelques instants mon incompétence crasse en mycologie, mais je n’en profite pas moins du spectacle.

Et les odeurs, donc. Cette odeur de sous bois, fruitée, vive, qui parvient enfin à surmonter les vapeurs de la ville...le brouillard étouffe les bruits de la métropole, cache les immeubles la tour de télécommunications et chasse les promeneurs.

Et ma pauvre forêt périurbaine oublie son triste sort de jardin public et se croit, l’espace d’une journée d’automne, un vrai paradis sylvestre.

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06 novembre 2017

C'est la vie...(You still never can tell)

Après la version jubilatoire de Springsteen, un enregistrement de 1972 de "You never can tell" par Chuck Berry himself.

Jubilatoire, aussi, mais un moins gros son que le E-Street band.

Chuck Berry - C'est la vie (1972) Live

(je tire un peu à la ligne sur ce blog, là...)

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05 novembre 2017

You Never Can Tell

Les hasards de la navigation sur Youtube m'ont amené à ce rituel de Bruce Springsteen qui, accompagné de sa bande, ficelle un morceau sur les suggestions du public.

Là, c'est le "You Never Can Tell" de Chuck Berry, et ça tombe merveilleusement pour clore ce week-end. C'est encore meilleur lorsqu'on a lu l'autobiographie du Boss et sa passion de la scène.

Son à fond, et on y va :

Bruce Springsteen - You Never Can Tell

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04 novembre 2017

Il serait temps que je m'affole

600ème message de ce blog, pour une contribution aux Impromptus. L'histoire de ma vie de contributeur...

Il serait temps que je m’affole

Lundi. Il pleut. Le jour se lève à peine et derrière les vitres sales du bureau, les voitures s’entassent sur le quai, et je me console d’être enfermé car nous allons échapper au « lundi au soleil ».

Je m’accorde une manœuvre dilatoire, crée un dossier dont le nom code la date de l’échéance, le prochain dimanche, et y recopie le sujet dans un nouveau document, ainsi que quelques idées. Sportez vous bien, pour un coureur d’ultra-endurance souffrant d’insuffisance coronarienne, c’est du billard. Le chantier est démarré.

Mardi. Les thuriféraires hystériques de Duchamp vont s’en donner à cœur joie. Ironie de l’industrie moderne en pleine transformation numérique, les urinoirs de la cantine sont encore bouchés. Et au fait, c’est quoi, déjà, un nandou ?

Mercredi. Ainsi donc, l’actualité scientifique nous a informé qu’un subtil jeu de miroirs et de lasers a permis de détecter des ondes gravitationnelles. Une belle aventure, mais il n’empêche que le milieu de la semaine est là et qu’il serait temps que je m’y mette.

Jeudi. Après avoir longtemps erré dans la campagne, j’ai découvert cette épave de voiture abandonnée au bord d’un champ, et j’ai continué mon chemin, parce que j’avais encore trois kilomètres de marche pour parvenir chez ce client après que le service voyages m’ait conduit à une gare déserte en pleine campagne. J’ai bien profité de l’heure et demie du voyage retour dans le Train à Grande Vitesse pour longuement contempler quelques griffonnages sur mon cahier sans être convaincu du résultat.

Vendredi. Muse, ô ma muse, où donc as-tu encore foutu le camp, sale garce !

Samedi. Tiens, voilà autre chose : j’ai oublié dans mon bureau, sans doute égaré au milieu de mes notes, le manuscrit de la semaine. Et ce ne sont pas mes merveilleux voisins et leurs caméras de vidéosurveillance – pardon, de vidéoprotection – qui vont m’aider à retrouver ce que j’y avais écrit. De toutes façons, c’était faiblard.

Dimanche. Comment ça, dimanche ? Déjà ? Vingt et une heures ? Techniquement, il me reste encore deux heures et trente minutes, mais la Pomponette – le petit nom de ma Muse – n’est pas encore rentrée.

La dyspnée créatrice me gagne.

Il serait temps que je m’affole...

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