MC Jaume

22 octobre 2017

Pot Pourri

Alors, la semaine dernière, j'ai oublié mon manuscrit dans un sac et le week-end venu, je n'ai pas pu le transcrire et l'envoyer, et lorsque cette semaine, les Impromptus nous ont proposé d'écrire avec comme seul indice cette photo, j'ai toute honte bue fait dans le recyclage.

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Et en voici le résultat, un petit exte positif et joyeux comme j'en ai le secret :

Après avoir longtemps erré dans la campagne, j’ai échoué au bord de cette rivière qui serpentait au fond de cette vallée à peine marquée. J’avais le pied sec, louanges soient rendues à un reste de route encore apparent malgré l’envahissement végétal.

C’est là que je l’ai découverte, enfouie dans de hautes herbes.

Une Voiture.

Je n’en avais plus vu depuis des semaines, des mois peut-être. L’enclave que j’avais quitté depuis une éternité n’avait presque plus d’essence, et même la milice s’était convertie à la traction animale.

Je me suis approché des tôles piquées de rouille. L’acidité des pluies était délétère pour les métaux mal protégés, et la garantie anticorrosion de ceux-ci était depuis longtemps expirée.

Tout ça à cause de l’autre dingue. Vous savez de qui je parle ?

Celui que plus personne ne l’appelle par son nom, un résultat assez ironique lorsque l’on considère que c’est son ego surdimensionné qui l’avait poussé à conquérir la Maison Blanche. Incompétent à gouverner, il s’était construit une légitimité à coup de gesticulations, de provocations, jusqu’à dans une saute d’humeur vitrifier un pays asiatique en finale d’un concours informel de dirigeants psychopathes.

Tout a commencé avec un bombardier B1 s’écrasant au décollage, provoquant l’explosion d’une charge de trente kilotonnes sur l’île d’Okinawa.

Puis ce fut un missile intercontinental qui se trompa de continent, provoquant par le jeu des automatismes et des systèmes de commandement infaillibles qui s’avérèrent ne pas tant l’être que ça, des tirs de riposte qui ne purent être empêchés : ainsi, l’Inde et le Pakistan s’entre-détruisirent promptement, un sous-marin français rasa Moscou et Saint Pétersbourg en une seule salve, et cent quatre têtes russes démontrèrent par la pratique que le bouclier antimissile étasunien avait « quelques limites ».

Tout à l’avenant.

L’hiver nucléaire que d’aucuns qualifiaient de fantasme de passéiste – le nucléaire ou la bougie, refrain connu, a enveloppé la planète. Tout bien considéré, on peut porter au crédit du dernier président des États Unis d’Amérique la fin du réchauffement climatique.

Lorsque cela s’est produit, j’étais en déplacement dans la France profonde, et me suis retrouvé à l’abri sous dix mètres de béton dans l’enceinte d’un établissement militaire. J’ai donc survécu.

La belle affaire.

Je ne rentrerai pas dans le détail de ces mois d’attente, durant lesquels les canaux d’information se sont taris, un par un, à force de défaillance des infrastructures, de contaminations radioactives et ensuite chimiques quand les usines Seveso au bout de leurs moyens de secours ont fini par relâcher leurs substances toxiques.

And God continues to shed His Grace on the United States of America.

Sans blague.

Nous étions quelques centaines à tourner en rond, inutiles, à l’abri, certes, mais dans quel but ? J’ai fini par partir, emportant quelques rations, de quoi me débrouiller, une boussole, une carte routière, celle de la dernière répartition connue des zones contaminées. Et j’ai marché. J’avais huit cent kilomètres vers ma destination.

Quelle destination ? Elle n’a pas d’importance.

D’ailleurs, depuis plusieurs jours, j’ai de plus en plus de mal à tenir le rythme. Des douleurs. Des nausées. Je n’ai plus faim, j’ai du mal à déglutir. Une céphalée tenace. Je ne tiendrai pas les deux cent kilomètres restants.

Je m’approche de l’épave, dont la peinture s’effrite sous mes doigts. Je rêve un instant d’un peu de batterie, de quelques litres d’essence qui m’emmèneraient quelques collines plus loin, gagner une journée de marche en quelques heures…

Je m’assieds sur le siège conducteur, délogeant quelques bestioles. Les pédales sous mes pieds, le volant entre les mains, je ferme les yeux, m’imaginant rouler vers un endroit beau pour lui donner mon dernier souffle. Il n’y a pas de clé sur le contact. Je pourrais arracher les fils bidouiller une étincelle.

Je pourrais, tout à l’heure, mais là, je vais garder les yeux fermés, ne pas confronter mon maigre espoir à la réalité, dormir un peu...

Oui, dormir…

Dormir, rêver.

Je rêve déjà que j’ai atteint ma destination, un paysage dépeuplé de montagnes, de forêts et de glaciers qui ont enfin cessé de rabougrir à vue d’œil. Enfin, la paix, la fin de l’histoire.

Je deviens plus que la somme des atomes qui me composent, je retourne à la nature, dans le sol, vers les racines avides de la végétation qui reprend ses droits. Les processus biochimiques me rendent au vivant, et je renais dans la ligne indécise des arbres...

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01 octobre 2017

La magie des miroirs

Pour les Impromptus Littéraires. Je rajouterai "enfin", tant l'écriture m'est difficile en ce moment, pas assez de temps de cerveau laissé disponible par les sources de stress...

La magie des miroirs.

C’est comme une histoire d’amour qui se déroule bien loin d’ici, quelque part dans le ciel de l’hémisphère sud.

Deux masses de matière, tellement denses que la lumière ne peut s’en échapper, se rapprochent, depuis la nuit des temps, dessinant une spirale qui bientôt va se conclure dans l’un de ces débordements d’énergie dont la physique a le secret.

Ce ballet qui se résout en une litanie d’équations établies par Albert Einstein il y a un siècle est invisible et silencieux. Dans le cosmos, personne ne vous entend crier, le slogan est déposé depuis bien longtemps. Les deux trous noirs vont fusionner dans un orgasme aux proportions intersidérales qui va annihiler trois fois la masse de notre Soleil.

Trois fois la masse du Soleil que multiplie la vitesse de la lumière élevée au carré, c’est un joli galet jeté dans la mare de l’espace-temps, qui tel un liquide, troublé par cette chute, se déforme et voit une onde se propager dans toutes les directions.

Bien loin de là, mais fort près de nous, dans les entrailles d’une montagne italienne, de la lumière circule, celle de rayons laser qu’une multitude de miroirs soigneusement calibrés réfléchit pour qu’elle parcourre des distances colossales dans un mouchoir de poche.

Et quand l’onde gravitationnelle trouve sur son chemin notre bonne vieille terre, déformant tout sur son passage, le trajet de cette lumière s’en trouve modifié – oh, si peu –, altérant les mesures d’une myriade de capteurs à la sensibilité à fleur de transistor, et, par la magie des miroirs, apporte la confirmation expérimentale de ce qui n’était alors qu’un modèle théorique.

Et l’on imagine que quelque part, dans un ailleurs fort hypothétique, Albert se laisse aller dans son fauteuil à bascule et ferme les yeux, un sourire amusé sur les lèvres.

 

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28 août 2017

Rencontre

Sortir dans les Fausses-Reposes à la fraîche, pour y croiser un copain, sagement à l'abri derrière dix mètres de ronces. Il m'a sagement écouté lui expliquer que j'étais vraiment heureux de le voir, et puis nous sommes partis, chacun de notre côté...

Chevreuil dans les Fausses Reposes

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Ciels du Jura

Bois d'Amont, août 2017.

Bois d'Amont (Jura), août 2017.

Bois d'Amont (Jura), août 2017.

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26 août 2017

Ciel

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22 août 2017

Métro, sans le boulot

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Métro Pont de Sèvres, sortie 1 "Forum".

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20 août 2017

My Self Reliance

Le lecteur attentif aura bien compris que j'ai une certaine tendresse pour les grands espaces, les montagnes, les forêts, tout ça...ce qui s'accompagne d'un intérêt pour beaucoup de domaines en relation, notamment l'art et la manière d'y vivre (autonomie, permaculture, travail du bois...)

C'est ainsi que je suis tombé sur la chaîne youtube de Shawn James, un canadien qui prêche la bonne parole du grand air. Je n'ai pas de raison particulière de lui faire de la pub, si ce n'est une certaine fascination pour ses vidéos, en partiulier sa dernière en date où il commente dix minutes durant l'art de faire mijoter des haricots, puis à expliquer à son labrador qu'il faut attendre avant de se goinfrer par ce que c'est trop chaud.

Juge donc sur pièces, ami(e) internaute :

Cabin Cookout: Baked Beans on the Fire

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18 août 2017

Quelques secondes de poésie

Avec cette courte vidéo du Mont Blanc surmonté d'étoiles et zébré des lampes frontales des alpinistes.

TIMELAPSE 4K CHAMONIX Nuit des étoiles

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03 août 2017

How about no ?

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Non, je ne te donnerai pas mon avis sur le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, de quoi je me mêle ?

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29 juillet 2017

J'en ai bien profité

Pour les Impromptus Littéraires, le "Parrain" revisité, en quelque sorte.

Ma chère Pomme,

Te souviens-tu de moi ? Sans doute sais-tu qui je suis, ton arrière-grand-oncle, "le vieux", mais te souviens-tu de notre rencontre ?

Tu avais six ans, tu serrais un gros livre sur ton cœur et ton regard trahissait l'ennui de devoir t'en éloigner pour une mondanité.

Je me souviens aussi du prénom de tes sœurs, Prune et Clémentine, soulagé que tu n'aies pas de frère, je n'ose imaginer comment il se serait appelé...Mais surtout, je me souviens que des deux cent soixante invités, toi seule n'avait pas la servilité dans le regard.

Aujourd'hui, j'ai cent trois ans, et je suis en train de mourir. Enfin, je suis même mort, puisque tu lis cette lettre que t'a remis Maître Fonsecka, avec un billet d'avion pour les Iles Vierges Britanniques.

Oui, je ne vais pas tourner autour du pot, tu es mon héritière, et toute ma fortune te revient.

L'essentiel, pour la plupart, mais je sais que tu ne t'arrêteras pas là.

Pourquoi toi ?

Parce que dans la centaine d'individus que moi ou feu ma sœur - ton arrière grand-mère - avons comme héritiers potentiels, tu es le seul vrai être vivant, la seule qui ne tue pas le temps en attendant ma mort et sa part de cette fortune.

Je ne me base pas sur cette unique rencontre vieille de treize ans, car depuis, je ne t'ai jamais perdue de vue. Ce jour là, j'ai eu l'intuition que tu étais la bonne personne, et je t'ai observé grandir, mûrir, devenir la femme que tu es, déterminée, honnête, généreuse et exigeante.

Je t'ai laissée grandir, sans jamais intervenir. Ce professeur de mathématiques qui n'admettait pas qu'une fille comprenne les maths aurait pu avoir un accident de chasse. Cette pseudo Barbie de cour d'école qui moquait tes vêtements aurait pu croiser une bouteille d'acide, cette vedette du terrain de foot qui t'a mené en bateau pour ton cul se casser un genou.

Oui, bon, lui, il a effectivement eu le genou cassé, il t'avait trop fait pleurer de honte. Le Destin fait bien les choses, des fois.

Enfin, tu m'as compris.

Alors, tu dois être un peu horrifiée, de voir arriver tout cet argent (et encore, tu n'as pas encore vu les comptes). Cet argent douteux, pas net, peut-être même sale ?

Hum.

Ma fortune est née il y a cent ans, justement, le jour ou j'ai "récupéré" le portefeuille "perdu" par ce

touriste anglais. C'est là que j'ai pris conscience que je n'allais pas me tuer à la tâche à fabriquer du

savon comme mon père ou dans des vignes ingrates comme mon grand-père...Je voulais vivre, tout simplement, sans me laisser emmerder par le pape ou le patronat. Robin des Bois, en quelque sorte, sauf que je ne me suis pas oublié lors de la redistribution.

Illégal certainement, malhonnête parfois, mais jamais, jamais de saloperies.

Pas de drogues, pas de trafic d'être humains, de contrefaçons de médicaments...

Et je peux te jurer, pas une pute dans ma vie.

Une ou deux pyramides de Ponzi, beaucoup de spéculation, quelques manigances avec le pétrole, en cherchant toujours les pigeons les moins ragoûtants parmi les "investisseurs" les plus avides de gains faciles.

J'ai juste cherché à me battre contre cette lie de la société avec leurs propres armes, tu le découvriras dans les coffres, où sont rangés mes journaux : tout y est. Peut-être y trouveras-tu matière à un roman ?

Ma chère Pomme, tu es ma dernière action, et j'espère la plus belle.

Je te lègue tout ça, j'espère de tout cœur que tu en feras bon usage : j'en ai bien profité, mais ce dont j'ai le plus profité, c'est de ces treize dernières années, où je t'ai vu devenir celle que j'espérais que tu deviennes.

Ton arrière grand-oncle,

Matteo.

 

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