MC Jaume

La vie n'est pas qu'une vallée de larmes...

04 août 2008

Proustien, genre

Drame de la modernité ou charme du monde qui bouge ?

Quoi qu'il en soit, je ne trancherai pas cet après-midi, mais qu'en guise de contribution à l'éventuel débat, je narre les premières heures de cette première journée de vacances (considérant que la première journée de Vacances est le premier jour ouvrable (ouvré) de la période que je ne passe pas au boulot. Donc.

Premières heures passées en compagnie de la progéniture en las piscine municipale de ma commune de résidence. Longueurs de bassin pour le devoir accompli (10 aller-retour en un quart d'heure, pas d'excès de zèle, je n'avais plus croisé de piscine depuis des années). Puis, coaching de la paire en activités natatoires diverses.

Au sortir, l'usuelle sensation de légère irritation des yeux et l'odeur omniprésente du chlore, et cette évidence : je suis en vacances !

Et tant pis pour les madeleines, je m'en tiendrai au désinfectant pour cette année.

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29 juillet 2008

La crise du Yucca

Contribution hebdomadaire (du moins en ce mois de juillet) aux Impromptus Littéraires.

La crise du Yucca.

Et vlan ! Encore un !

C'est bien la peine d'être supposé rester peinard à la maison pendant que les quatre énergumènes sont partis peaufiner leurs mélanomes au soleil de quelque part sous le quarante cinquième parallèle (Nord) pour ne pas pouvoir passer un mois d'août tranquille.

Un coup, ce sont les voisins d'en dessous qui fêtent tapageusement la transformation prochaine de madame en sosie d'un baleineau prépubère : elle doit en trimballer au moins trois pour avoir un ventre pareil à quatre mois ! Je suppose qu'ils ont planifié cette bringue avant qu'elle n'arrête la picole "pour la santé du bébé", bien sur.

Le lendemain - ou le surlendemain, allez savoir, la chronobiologie n'est pas une science exacte - c'est le boutonneux chevelu du même palier, celui qui ne jure que par Jaco Pastorius, qui soigne son slap. Avec succès, certes, mais pour moi, il me faut faire avec les basses fréquences qui entrent en résonnance avec la structure du tissu lacuneux et me flanquent une de ces migraines…

Et que dire de ceux d'en face, dont je devine le balcon à travers un mur de briques de verre et leur musique de sauvages !

Que les choses soient claires ! moi, j'aime la musique, toutes les musiques, mais Verdi à sept heures du matin, alors que j'ai la photosynthèse qui se met en route, non, on frise le crime écologique ! Franchement, vous écouteriez Johny Rotten au petit déjeuner, vous ? Ben moi, pareil. Et au réveil, Verdi et les Pistols, même combat, mon dioxyde de carbone du matin passe mal.

Et pour couronner le tout, voici que cet orage d'été s'éternise. Plus d'une heure que ça dure. On a d'abord l'éclair forcément aveuglant, n'est-ce pas, qui me catalyse la décomposition du dioxyde de carbone - le même qui n'était pas passé le matin - alors que je n'ai pas fini de digérer celui de la journée. On nous a assez répété qu'il n'est pas sain de manger avant d'aller dormir : je confirme. Et ensuite, le grondement sourd du tonnerre, riche en basses fréquences, pire que les basses de Jaco et de tous ses disciples.

Non, trop, c'est trop.

Moi, j'avais pas signé pour ça lorsqu'on m'a réincarné en Yucca. Je ne me souviens plus - connerie de métempsychose, mais j'ai du sacrément énerver quelqu'un dans ma vie antérieure. Si ça se trouve, j'ai été informaticien.

Parce que non, là, vraiment, je crise.

Grave.

PS : Pas de scan des manuscrits ces temps-ci. La flemme de faire de l'administration pour configurer le scanner sur un nouvel ordinateur.

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25 juillet 2008

L'épicerie de quartier

Petite mise en abîme sur le thème "Impromptus Littéraires" de la semaine.

L'épicerie de quartier.

- Par le béret de Massu, ce n'est pas possible ! Il doit bien y avoir quelque chose là-dessous !"

- Mon Colonel, je…"

- Des amateurs ! Je vais finir par croire que vous n'êtes qu'une bande d'amateurs ! La photo de dimanche dernier, là, qu'est-ce qu'elle donne ?"

- Rien Mon Colonel. Elle est au décryptage depuis quatre jours, mais vous savez combien la stéganographie est dure à casser…"

- JE M'EN FOUS !" hurla l'officier, au bord de l'apoplexie. "Ce groupe nous nargue depuis des mois, ça ne peut plus durer. Le Président attend des résultats, c'est notre réputation qui est en jeu, et ceux-là me font chier, on va les briser, compris !"

Il y eut quelques hochements de tête d'approbation résignée. Il était vrai que ce groupe flou aux objectifs mal définis ne ressemblait à rien de connu, et son dernier pic d'activité avait plongé cette cellule transverse du contre-espionnage dans une profonde perplexité.

En particulier le Capitaine Dupuy, dit Œil-de-Lynx, spécialiste du traitement photographique, tiré de la torpeur d'un dimanche d'été pour se pencher sur une image diffusée sur le site d'échange de ces énergumènes. L'image était d'ailleurs projetée sur l'écran de la salle de réunion, comme pour lui cracher son impuissance au visage. Une rue de nuit, le sol luisant d'humidité, une épicerie de quartier vaguement présente dans un coin. Une construction discutable à ses yeux, et un contenu banal. Il l'avait secouée plusieurs heures durant, cherchant à faire apparaître quelque détail porteur de sens en triturant les couleurs, la brillance, le contraste, cherchant les différents niveaux de formes. Il l'avait soumise à différents utilitaires de son crû qui n'avaient rien donné. Il doutait d'ailleurs fortement qu'il ait pu s'agir de stégano. Non, Œil de Lynx était sec. Comme le psy d'ailleurs, mais ça, ce n'était pas surprenant de la part de ce fumiste. En plus, Œil-de-Lynx détestait les épiceries de quartier, tout juste bonnes à ses yeux à faire décor dans une mièvrerie style Amélie Poulain, dont le seul mérite était le soutien de la marque France à l'étranger. Mais il fut tiré de sa rêverie - non, de sa réflexion, par une voix timide.

- On a du nouveau sur l'un d'entre eux, Mon Colonel"

Ce dernier lui répondit par un imperceptible mouvement de sourcil.

- Euh, il y en a bien un qui travaille indirectement pour l'armée, Mon Colonel."

- Et c'est maintenant que vous le dites ? Une taupe ?"

- Nous ne savons pas encore, Mon Colonel, mais une équipe est dessus."

- Bien. Celui-là, il ne le sait pas encore, mais il va passer ses vacances à Mourmelon" grogna le Colonel, dont le visage avait soudain repris une teinte presque naturelle. Disons que de garance, il était redevenu simplement verdâtre, mais peut-être la lumière du vidéoprojecteur y était-elle pour quelque chose.

La réunion fut interrompue par un nouvel arrivant.

- Excusez-moi. Ils bougent !"

- Hein ?"

- Du trafic, Mon Colonel. L'un d'eux vient d'envoyer un courrier électronique à la messagerie du groupe, avec un document.

- Bien. Dès que le déchiffrage à décodé ça, on se revoit"

- C'était en clair mon Colonel" fit le nouvel arrivant, brandissant une clé mémoire qu'il brancha sur l'ordinateur de la salle de réunion. Après quelques manipulations, un courriel remplaça l'épicerie de quartier sur l'écran.

"Bonjour à tous !" disait le message. "Voici donc ma contribution à l'analyse iconographique du corpus urbain centré sur le commerce de proximité, une idée qui m'a fait sourire lors d'une réunion assommante et qui, j'espère, vous amusera autant que moi"

S'en suivaient une formule de politesse et l'adresse d'un site internet déjà connu. Après concertation des participants, le message fut remplacé par le document attaché.

Le Colonel, planté devant l'écran, en parcourut les premières lignes et on vit ses épaules s'affaisser un peu, alors qu'il murmurait.

- Les salopards. Ils sont forts. Ils sont très forts"

Le psychologue entreprit de lire le texte à haute voix :

- Par le béret de Massu…"

l__picerie_de_quartier

(c) Impromptus littéraires

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19 juillet 2008

Pendant l'été - Episode 3

Voici enfin le dernier épisode de la trilogie de l'été pour les Impromptus Littéraires. Je reconnais que tout ça est fort confus et ne fait pas énormément de sens. Mais je suis parvenu à être au rendez-vous trois semaines de suite, et j'en suis fort aise.

Pendant l’été – Un nouveau départ  épisode 3 : Le Destin est farceur.

Précédemment sur ‘Pendant l’été’ :

Un espace de Hilbert est un espace de Banach (donc complet) dont la norme | | découle d'un produit scalaire ou hermitien <·,·>. C'est la généralisation en dimension quelconque d'un espace euclidien ou hermitien.

Non seulement il fait froid, mais la file d’attente est interminable…Je m’interroge, en écrivant cette ligne, sur le concept d’interminable et sa pertinence dans un bureau de poste. Objectivement, il est exagéré : La file d’attente est finie, elle se terminera forcément avec la fermeture du bureau.  Mathématiquement…         Sauf…Sauf à considérer un modèle de file à débit aléatoire, les plages de fermeture étant une sorte de régulateur du flux. Que

la Poste

ouvre cette antenne « 24/7 » et je pourrai en toute légitimité et sans abus d’abstraction parler de file interminable.

En attendant, c’est mon tour.

Le surlendemain, je me trouve encore à attendre. Ailleurs, c’est d’ailleurs sans importance. Une attente anticipée, j’ai donc de la lecture.

« Ce n’était plus une rue mais un monde, un espace-temps de pluie de cendres et de presque nuit ». Il fait presque nuit, Madame dîne dehors et je viens d’ouvrir « L’homme qui tombe » de DeLillo. J’en oublie Mon Œuvre, le temps de quelques chapitres, avant de me ressaisir. Ce n’est pas en ruminant ma médiocrité, ni en écrivant des histoires sans queue ni tête ; que je vais arriver à quelque chose.

Je retourne donc m’asseoir à ma table, régler la lumière pour qu’elle éclaire bien mon cahier. J’écris, j’y crois.

C’est souvent comme ça pendant l’été, lorsque j’ai le courage de dépasser le stade du fantasme. Avant l’été, m’univers des possibles m’apparaît infini. Cette année, au lieu de mon complaire dans la procrastination, j’ai plutôt tendance à me démener pour instancier l’un de ces possibles.

Là, j’écris, comme un damné. Je pourrais écrire n’importe quoi, tiens, de la « fanfiction » par exemple (Harry Potter serait spécialiste des écoulements hypersoniques), juste pour le plaisir d’aligner les mots, mais j’ai prétention à écrire « pour de vrai », donc, je reprends les cahiers de travail de ce roman en chantier depuis trois ou quatre ans, avec son réseau d’intrigues dans lequel j’ai du mal à me retrouver.

Je me décide enfin à remettre de l’ordre dans ce fatras et je me laisse prendre à ce jeu de remue-méninges ouvrant un dictionnaire de ci, une encyclopédie de là. Par la fenêtre ouverte, des échos d’une soirée me parviennent. Je sors sur le balcon, ma tasse de thé à la main, je rêve en écoutant le son de la brise dans les bambous, puis je rentre poursuivre mon travail. Je réfléchis, rêve, déambule en commentant mes idées à haute voix, jusqu’à me prendre en flagrant délit de participation imaginaire à une émission télé.

Dans une sorte de détachement, je me revois des années auparavant, déjà, errant sans but dans les nuits estivales de mon midi natal, propices aux projets, aux rêves. Durant ces nuits là, j’ai pris l’habitude de me sentir le maître du monde.

Et d’ailleurs, je pense que c’est ainsi que l’été est devenu ma saison préférée.

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12 juillet 2008

Pendant l'été - Episode 2

Seconde livraison du feuilleton de l'été pour les impromptus littéraires.

Pendant l’été – épisode 2 : Un nouveau départ : le pire contre-attaque

Résumé de l’épisode précédent : Juillet n’a que quelques jours et Jaume est farouchement convaincu que la coïncidence de certains événements et du calendrier lui offre sur un plateau la chance de sa vie. Saura-t-il la saisir ? Et saura-t-il conquérir le cœur de la belle Jessica ? Et plus si affinités ?

Lundi 7 juillet,  5h51

Jaume considéra le radio-réveil avec soulagement : il avait vingt-quatre minutes devant lui avant que l’appareil ne se mette à diffuser le « 5/7 de l’été ». Parfaitement réveillé, il avait donc du temps pour réfléchir. Jaume aimait beaucoup réfléchir au petit matin avant de se lever.

Une nouvelle semaine commençait donc, et il fallait qu’elle soit parfaite. Rectificatif : elle ne pouvait qu’être parfaite, surtout avec en ligne de mire un week-end prolongé riche de promesses.

Lundi 7 juillet, 17h47.

Jaume relève le col de son blouson pour atténuer l’effet du vent. Il marche d’un pas vif, tentant de prendre de vitesse l’averse qui s’annonce, commençant à sérieusement considérer le concept d’été pourri. Et en plus, il est presque en retard.

Mardi, un autre en juillet, on dira le 15, allez. 10h09

- Hey, Master J., café ? »

Bob tambourine sur la cloison vitrée, m’arrachant à une rêverie aux antipodes des problèmes que je cherche, sans conviction ce matin, à résoudre. En fait, personne n’est dupe et pense sérieusement que je suis autant immergé dans les espaces de Hilbert que je veux bien le faire croire, tant je suis sur une autre planète aujourd’hui. Tout le monde, sauf Bob, qui est un crétin dont l’unique qualité identifiée à ce jour est une sorte de sixième sens lui permettant d’évaluer le taux de caféine dans le sang des membres de l’équipe et de les attirer à grand cris vers le point de ravitaillement.

Je repousse donc mon fauteuil, verrouille l’accès à ma station de travail conformément aux procédures de sécurité en vigueur et je rejoins le groupe à contrecœur. J’étais bien, là, dans ma bulle. Je traîne derrière les autres, j’oublie mon tour en contemplant le jardin intérieur sur lequel ouvre la cafétéria, un jardin vaguement japonisant, avec bambous, bassin et poissons et plage de galets. Il fait raisonnablement chaud.

Non, décidément, cette journée est mal barrée côté productivité. J’écrase le gobelet vide dans mon poing et le jette dans la poubelle, je laisse le groupe à ses discussions et après un détour par mon bureau, je suis dehors. Je considère la possibilité de balancer mon badge flambant neuf dans la benne à ordures d’un chantier voisin mais j’ai bien conscience de l’excessive puérilité du geste, que je refrène donc. Je détache mon vélo et m’en vais.

Un quart d’heure plus tard, je le laisse attaché aux grilles des Jardins Albert Kahn. Non, sérieusement, à passer une belle journée d’été à rêver devant un jardin japonais, autant ne pas faire les choses à moitié. Préférer l’original à la pâle copie, oserais-je au risque de paraître citer un individu nauséabond.

Perdu dans la contemplation d’un morceau de bambou qui oscille au gré de son remplissage sous un filet d’eau claire, je peux me laisser rattraper le fil de ma rêverie. Je n’ai pas de carnet à dessin, seulement le cahier sur lequel je prends des notes en réunion, alors, muni d’un stylo bille, je reproduis le morceau de bambou, les galets, une fleur, le pont rouge – que je dessine en bleu – puis une silhouette. Une silhouette hors de propos dans ce jardin, du moins si l’on fait abstraction de mon état d’esprit.

Et malgré l’apparente sérénité de ces heures volées, j’identifie enfin la pièce manquante, celle dont ma main a naturellement retrouvé les formes.

Il faut absolument que je la retrouve !

Flashback : Vendredi 11 Juillet, 8h32.

Non, sérieusement, les dates et heures façon techno-thriller, ça commence à friser le ridicule. Promis, j’arrête.

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11 juillet 2008

En retaaaaard !

Nom d'une pipe, l'épisode 2 de "Pendant l'été" ("Le pire contre-attaque") est en retard. Certes, j'ai jusqu'à dimanche minuit (cachet de la poste faisant foi) mais tout de même.

Heureusement, tout va bien.

(sauf les kilométrages de course à pied, mais c'est un moindre mal)

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05 juillet 2008

Pendant l'été - Episode 1

Après des mois de silence, je repdrends enfin le clavier pour les contributions aux Impromptus Littéraires.

C'est donc reparti !

Pendant l’été – épisode 1 : Un nouveau départ

Lundi 30 juin, 16h25.

C’est l’été, sans aucun doute. Il fait chaud, et en ce milieu d’après-midi le soleil tape fort. L’air est chargé de crasse poisseuse, de gaz d’échappements et de sueur. Dont la mienne, qui colle ma chemise alors que j’arpente les quais de Seine.

C’est la première semaine de l’été. Non pas de l’été astronomique, qui a commencé il y a une dizaine de jours, mais de l’été mental, celui des horaires allégés du Transilien, celui du début des congés d’été. D’été, justement.

Et puis, c’est le dernier jour de juin. Pour moi, juin est un mois à double tranchant, celui de mon anniversaire, pivot symbolique s’il en est, occasion supplémentaire – avec le nouvel an – de prendre de nouvelles résolutions et d’initier de nouveaux projets, dans un enthousiasme un peu terni par l’incrément du compteur d’années passées et parfois perdues.

Comme celle qui se termine, d’ailleurs.

Mais voilà, ce dernier jour du mois de juin marque aussi la fin d’un cauchemar de plusieurs mois, et la charge symbolique de ce trajet depuis l’immeuble de mon ancien employeur vers le nouveau réduit fortement la pénibilité. Après avoir traversé près de deux décennies, changer, enfin.

Premier juillet. Et en plus, c’est un nouveau trimestre. Que dis-je, un nouveau semestre !

Un premier juillet, c’est vraiment comme un premier janvier. Une date à résolutions. Surtout celui-là. Alors, bon, je marche dans un état d’esprit du passé faisons table rase et partons d’un nouveau pied – hypothèse hardie, j’utilise les deux mêmes depuis plus de quarante ans avec une rigoureuse alternance et ma foi, plus ça change moins ça change. Mais demeurons optimiste : nouveau départ donc, regard fier vers de nouveaux horizons, « genre » conquérant, quoi. On ne mangera plus n’importe quoi, on reprendra ce roman en chantier depuis le début du siècle, et on lira « Le Seigneur des Anneaux ».

Dès demain, oui.

Demain, c’est l’été, on prendra un nouveau départ.

Lundi 30 juin, 22h03.

Assis devant son bureau d’où le portable IBM-Lenovo T61p est absent depuis la première fois depuis des années – lui où l’un de ses prédécesseurs, Jaume écrit. Sur un cahier. Son stylo plume – un Parker Sonnet acheté à vil prix sur l’Internet – est peu coutumier de tant de sollicitations : ils ont déjà – le stylo et lui – noirci une page. Et maintenant, Jaume contemple sa production d’écrit avec satisfaction, même s’il se demande si « noirci une page » n’est pas un peu surfait, voire usé jusqu’à la corde. Mais ça sonne bien, tout de même « noiri une page », dans la noirceur de la nuit qui s’installe.

Non, là, c’est un peu n’importe quoi.

Mais Jaume trouve que son bureau sans ordinateur, avec ce cahier, cette trousse et cette pochette de documents – matériau à créations futures – a vraiment fière allure.

Mardi 1er juillet, 22h29.

Madame vient de regarder un film. J’écris un peu et je spécule. J’aime bien spéculer, surtout en été, et ce soir, pour la première fois depuis bien longtemps, je ne spécule pas sur la probabilité de gains faramineux aux jeux de hasard.

C’est rafraîchissant.

Mercredi 2 juillet, 6h23.

Il fait jour, il fait beau, c’est l’été, quoi. Et aujourd’hui commence le rituel estival des migrations de la progéniture.

14h32. Le vol 6026 (en fait, non, mais je ne m’en souviens plus) vient de décoller d’Orly. Un lardon dégagé, il en reste un. Il part dimanche.

15h01. L’A86 est noyée sous des trombes d’eau, je n’y vois goute, c’est désagréable. Heureusement que c’est l’été.

21h40. Je récupère madame au terminus du métro. C’est l’été, on s’oublie au travail parce que la pression du quotidien est plus lâche. Je redoute la semaine prochaine, lorsque les nains ne seront même plus à la maison.

22h33. Madame regarde une connerie déguisée en magazine d’information à la télé. C’est un marronnier sur la drague en vacances.

C’est l’été.

Jeudi 3 juillet, 22h21.

Jaume est épuisé, inspiration aux abonnés absents, écrasé sous la fatigue accumulée pendant des semaines qui, en embuscade derrière l’euphorie estivale évoquée plus haut, s’est décidé à frapper.

Vendredi 4 juillet, 8h07.

Des insultes volent entre un employé et un client, qui profère des bordées d’injures racistes. L’employé décide alors de remettre en cause l’intégrité physique du client. J’assiste impuissant à l’échange de coups, incapable de réveiller le défenseur de la veuve et de l’orphelin qui est en moi.

21h13. Koh-Lanta a repris.

C’est l’été.

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23 février 2008

Cinq mois, moins deux jours

Cinq mois de silence. Pourquoi ? Et pourquoi pas ? Non que la lecture des derniers billets publiés sur ce blog en septembre dernier ne soit démoralisante, disons que je n'étais, depuis quelques temps, pas dans un mood à socialiser. Enfin, à cyber-socialiser.

Cinq mois de silence, moins deux jours, mais on ne va pas chipoter. Mais pas d'affolement, ll ne s'est pas passé grand chose de remarquable dans l'intervalle, disons que pas mal d'aspects pratique de mon quotidien on été malmenés et que, grosso-modo, je n'avais pas envie.

Voilà.

Bon, ce n'est pas grave, je n'ai pas l'impression d'avoir manqué à grand monde. Pas d'états d'âme, donc.

Simplement, là, je viens de voir Juno au ciné et je pistonne, c'est excellent !

Plus d'infos sur ce film

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25 septembre 2007

un peu de poésie...

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24 septembre 2007

Le Monde et Rohmer

Au parcours alterné du quotidien vespéral de référence, en sa version électronique et papier, j'ai fait un curieux constat, sur un article consacré aux démêlées d'Eric Rohmer avec le Conseil Général de la Loire pour divergence d'appréciation du caractère bucolique de certain coin du Forez. Bref, voici ce que j'ai vu sur le papier :

LmdeRohmerCGLoire_PapierLe l'Article y est llustré par un cliché de la Bâtie d'Urfé, résidence d'Honoré d'Urfé, dont le roman "Les amours d'Astrée et de Céladon" a fourni trame à Eric Rohmer pour son dernier film en date, si je ne me trompe pas.

Sur le site web, voici :

LmdeRohmerCGLoire_Internet ou la photo de la Bâtie d'Urfé est remplacée par une scène du film.

Alors je m'interroge : pourquoi ce changement d'illustration ? Non que j'aie quelque grief vis à vis du sein discrètement dévoilé sur l'Internet (ce n'est pas le premier et je doute que ce soit le dernier...), mais l'échange m'étonne. Les internautes seraient-ils plus salaces que les lecteurs de l'édition papier ?

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