MC Jaume

11 juin 2018

EDF aurait-il quelque chose contre firefox ?

D'accord, j'étais limite pour payer cette facture, mais quand même :

EDFContreFirefoxIl faut le faire, quand même, pour ne pas être compatible avec Firefox.

Par contre, sur chrome sur mobile, ça marche. Ils auront leurs sous, au moins. Mais j'ai du mal à comprendre et à admettre.

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La clé du succès

Malheureursement, les probabilités ne penchent pas en ma faveur...

Source: Externe

(c) Scott Adams, louanges à sa perception de ce monde de bouse.

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08 juin 2018

Le banc du TCF (edition 2)

Revoici le banc du TCF, toujours pour les impromptus, mais plus en phase avec la consigne qui le demandait monologuant.

Le Banc du TCF

On a beau être de bois, quand il ne fait pas chaud, il ne fait pas chaud. Quel hiver ! Quatre mètres cinquante de neige cumulée, paraît-il. C’est lourd, pour un vieux banc comme moi.

Depuis des décennies, je suis là, par quarante-cinq degrés, quarante neuf minutes et trente-deux secondes de latitude nord et six degrés, quarante-quatre minutes et vingt-sept secondes de longitude est, à une altitude d’environ mille cinq cent mètres.

Permettez moi de me rengorger, je suis un banc d’assez haute importance.

Suffisamment important pour qu’il ait été jugé utile de mentionner mon existence sur les cartes topographiques du Val Monjoie.

Je suis le « Banc du TCF »

Installé dans la forêt, en un endroit que l’on atteint après une rude montée au-dessus du lieu-dit « La Frasse », en haut du village des Contamines, je suis bien placé pour offrir au randonneur parti en expédition au Mont Truc un repos salvateur. Mieux encore, le circumnavigateur du Mont Blanc pourra se refaire une beauté avant l’étape, après avoir gravi depuis Les Houches le versant nord du Col de Voza, franchi la passerelle vertigineuse au-dessus du Torrent de Bionnassay aux eaux rugissantes, remonté la combe des juments où la chaleur s’accumule et devient accablante jusqu’à ce que l’air frais revienne en haut de la combe de Tricot et enfin, au col homonyme d’où jaillit cette interminable arête qui mène à l’aiguille de Bionnassay.

C’est à ce col que notre randonneur au long cours apercevra de sa vue acérée, six cent mètres plus bas, s’il s’oriente sur un azimut de deux cent vingt sept degrés, les promeneurs venus des Contamines et arrivés à leur but, le sommet du Mont Truc (mille huit cent onze mètres).

Entre les deux, un décor de rêve.

Entre nous, je n’ai jamais compris pourquoi le Touring Club de France avait choisi de me planter en milieu de forêt, alors que, par exemple, le Mont Truc offre un belvédère propice à la contemplation.

La contemplation de la calotte glaciaire qui enveloppe les Dômes de Miage, à droite, et l’aiguille de Bionnassay, à gauche. En face, du col de Miage près duquel on peut deviner les refuges Duriez et de Plan Glacier, perdus dans une immensité de glace et de rochers, et un cirque herbeux, où l’on voit paître vaches et chevaux. Au milieu des prés coule un torrent, qui se fera lui aussi rugissant au fond des gorges de la Gruvaz, et se blottissent une poignée de chalets.

Oui, j’aurais bien aimé être installé là-haut, je crois.

D’aucuns diraient que ne manquent au tableau que les petites marmottes qui emballent le chocolat dans le papier d’alu, mais arrivé au Chalets de Miage – car tel est le nom du lieu-dit – on peut regretter que moi, ou l’un de mes collègues, n’y ait point été installé.

Là, le montagnard pourrait s’y poser, havresac à ses pieds, une gourde d’eau fraîche à portée de main, pour contempler les petites constructions et s’y rêver enfoui sous la neige épaisse, dans la solitude de l’hiver.

Il s’imaginera penché sur son manuscrit devant l’étroite fenêtre, trois pulls sur le dos et les yeux rougis par la fumée de cette maudite cheminée qui tire mal malgré les courants d’air. Sur le banc que chaque fonte des neiges rend un peu plus de guingois, il oublie qu’il lui faudra reprendre la route, le train, l’avion, repartir loin des alpages et du grondement à peine audible d’un sérac qui s’écroule, quelque part en Italie…

Il oubliera sans doute le vieux banc de bois blotti dans le mélézin, aux planches craquelées par les cycles de gel et de dégel, déformé par les mouvements infinitésimaux du terrain instable, témoin muet du temps qui passe lentement, si lentement, au rythme auquel poussent les montagnes.

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07 juin 2018

Le banc du TCF

Pour les impromptus.

Le Banc du TCF

Par quarante-cinq degrés, quarante neuf minutes et trente-deux secondes de latitude nord et six degrés, quarante-quatre minutes et vingt-sept secondes de longitude est, à une altitude d’environ mille cinq cent mètres, se trouve un banc.

Un banc, d’assez haute importance.

Suffisamment important pour qu’il ait été jugé utile d’en mentionner l’existence sur les cartes topographiques du Val Monjoie.

Le « Banc du TCF »

Installé dans la forêt, en un endroit que l’on atteint après une rude montée au-dessus du lieu-dit « La Frasse », en haut du village des Contamines, il est bien placé pour offrir au randonneur parti en expédition au Mont Truc un repos salvateur. Mieux encore, le circumnavigateur du Mont Blanc pourra s’y refaire une beauté avant l’étape, après avoir gravi depuis Les Houches le versant nord du Col de Voza, franchi la passerelle vertigineuse au-dessus du Torrent de Bionnassay aux eaux rugissantes, remonté la combe des juments où la chaleur s’accumule et devient accablante jusqu’à ce que l’air frais revienne en haut de la combe de Tricot et enfin, au col homonyme d’où jaillit cette interminable arête qui mène à l’aiguille de Bionnassay.

C’est à ce col que notre randonneur au long cours apercevra de sa vue acérée, six cent mètres plus bas, s’il s’oriente sur un azimut de deux cent vingt sept degrés, les promeneurs venus des Contamines et arrivés à leur but, le sommet du Mont Truc (mille huit cent onze mètres).

Entre les deux, un décor de rêve.

Entre nous, je n’ai jamais compris pourquoi le Touring Club de France avait choisi de planter ce banc en milieu de forêt, alors que, par exemple, le Mont Truc offre un belvédère propice à la contemplation.

La contemplation de la calotte glaciaire qui enveloppe les Dômes de Miage, à droite, et l’aiguille de Bionnassay, à gauche. En face, du col de Miage près duquel on peut deviner les refuges Duriez et de Plan Glacier, perdus dans une immensité de glace et de rochers, et un cirque herbeux, où l’on voit paître vaches et chevaux. Au milieu des prés coule un torrent, qui se fera lui aussi rugissant au fond des gorges de la Gruvaz, et se blottissent une poignée de chalets.

D’aucuns diraient que ne manquent au tableau que les petites marmottes qui emballent le chocolat dans le papier d’alu, mais arrivé au Chalets de Miage – car tel est le nom du lieu-dit – on peut regretter que le banc, ou l’un de ses congénères, n’y ait point été installé.

Là, le montagnard pourrait s’y poser, havresac à ses pieds, une gourde d’eau fraîche à portée de main, pour contempler les petites constructions et s’y rêver enfoui sous la neige épaisse, dans la solitude de l’hiver. Il s’imaginera penché sur son manuscrit devant l’étroite fenêtre, trois pulls sur le dos et les yeux rougis par la fumée de cette maudite cheminée qui tire mal malgré les courants d’air. Sur le banc que chaque fonte des neiges rend un peu plus de guingois, il oublie qu’il lui faudra reprendre la route, le train, l’avion, repartir loin des alpages et du grondement à peine audible d’un sérac qui s’écroule, quelque part en Italie...

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28 mai 2018

Toutes les Mam(m)as

Pour les Impromptus (ça faisait longtemps !)

Toutes les Mamas

"Ils sont venus, ils sont tous là, dès qu’ils ont entendu ce cri..."

Elle résonne, cette chanson, car chaque fois que je l'entends elle me rappelle ce camarade de classe, un rejeton d'immigré italien, mais auquel il aurait manqué le bon vin et les filles, en quelque sorte.

Un peu rude, brutal parfois si on lui cherchait querelle, ce que personne ne faisait car il dégageait une force qui intimidait tout le monde. Pas le genre harceleur, plutôt gentil, mais qu'il ne faut pas chercher.

Il était là, souvent morose, dans la masse des élèves de cette école d'un quartier plutôt aisé, indifférent à nos jeux, trop mûr sans doute pour notre puérilité de petits bourgeois.

Ni rebelle, ni cancre, il supportait sans flancher les engueulades des instituteurs les plus redoutés de l'école, exaspérés de le voir assister passivement à l'année scolaire, rongeant son frein en attendant l'âge d'embaucher comme docker, sans pouvoir admettre que ce jour là, Marseille n'embaucherait probablement plus de dockers.

Un matin, vers la fin de la récréation qu’un directeur poète laissait parfois traîner au-delà du raisonnable, je l'ai trouvé dans un recoin isolé de la cour, théoriquement interdit aux élèves. Qu'il s'y trouvât ne me surprenait pas, le concept de règlement intérieur lui étant assez flou.

Ce qui m'empêcha de passer mon chemin, c'était sa posture inhabituelle, blotti dans l'angle de deux murs, assis sur le ciment sale d’une poussière de feuilles de platanes desséchées, le front posé sur ses genoux relevés, les bras croisés au-dessus de la tête, prostré. Et surtout, les spasmes qui secouaient ses épaules.

Il n'était pas en train de pleurer tout de même ?

Je me suis approché, je l'ai appelé, par son nom de famille que j'ai oublié. "Ça va ?"

Il a soulevé sa tête, m'a regardé, hébété, le visage baigné de larmes.

"Que se passe-t-il ?" ai-je demandé, syntaxe à la hauteur de mon statut de fils de la plus redoutée des institutrices.

Sa lèvre a tremblé un peu, devant l'énormité de sa douleur, et il a murmuré, avant d’éclater en sanglots :

"Ils ont insulté ma mère !"

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13 avril 2018

Tu ne peux pas comprendre

A Jacques Higelin, merci pour ces moments.

C’est un moment de détente au milieu d’une belle journée.

L’ambiance est cordiale, presque joyeuse, après une longue matinée de réunion pour une fois productive.

Le téléphone, bridé depuis des heures dans le bâtiment imperméable aux ondes, retrouve le monde et en collecte avidement les nouveautés.

Je n’y prends garde, la discussion est animée. Nous marchons le long d’une allée de gravier blanc qui serpente entre les pins landais.

Deux avions décollent et la conversation est étouffée par le hurlement des réacteurs, et comme tout le monde je profite de l’interruption pour jeter un œil distrait, au cas où, à ce qu’il insiste pour que je découvre, ce truc qui se prétend malin.

Je regarde l’écran et je ne comprends pas la dépêche du « Monde »

Higelin est mort.

Les deux Rafale disparaissent au loin.

L’espace acoustique de nouveaux à eux, les oiseaux se remettent à chanter.

Je suis là, sur cette allée paisible qui contourne un bunker, au milieu des oiseaux qui chantent dans les pins, et Higelin est mort ?

J’aimerais m’asseoir dans l’herbe, cueillir un pissenlit le souffler dans la brise à peine perceptible et pleurer l’ami qui soigne et guérit, mais au milieu d’une base aérienne, ça ne se fait pas, Monsieur, ça ne se fait pas.

Tombé du ciel.

Au milieu d’une base aérienne.

Tiens, ça l’aurait fait sourire, j’en suis convaincu.

J’en souris, moi aussi.

« Qu’est-ce qui te fait sourire ? »

« Higelin est mort... »

« Et ça te fait sourire ? »

« Tu ne peux pas comprendre... »

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28 janvier 2018

Faire le tour de soi

Première contribution de l'année aux Impromptus Littéraires.

Comme je suis plutôt d'humeur fainéante en cette fin de week-end, voici en guise d'introduction le texte du courriel d'accompagnement :

"Faire le tour de soi", vraiment ?
Quand on a pratiqué la course horaire (activité perverse qui consiste à tourner en rond sur un circuit plus ou moins distrayant pendant un nombre fixe d'heures dans le but de parcourir le plus grand nombre de kilomètres...), il serait indélicat de ne pas faire un effort, fût-il de dernière minute (ou presque) pour contribuer..."

Faire le tour de soi.

Douze heures.

Douze heures que je tourne en compagnie d’une cinquantaine d’énergumènes autour d’un pâté de maisons cossues de ce village des Yvelines, le long d’un circuit d’un peu plus de mille mètres. Je sais l’avoir parcouru plus de quatre vingt dix fois depuis ce matin, et je commence à sérieusement fatiguer.

Un peu plus de douze heures derrière moi, un peu moins de douze heures devant, il m’est plus facile maintenant de m’accrocher à ce reliquat en diminution constante.

Je commence à fatiguer, j’ai produit plus d’endorphines que mon cerveau peut en absorber et la surdose menace. La nuit a fini par tomber, chaque tour dure un peu plus longtemps et repartir de chaque arrêt à la table de ravitaillement est de plus en plus laborieux.

Avec la nuit, les enfants ont rangé leur vélos et déserté les rues.

Bientôt, ce seront les échos des soirées barbecue qui vont s’éteindre.

Bientôt, la vraie nuit de la circadie sera là, et malgré les autres zombies du circuit, je serai de plus en plus seul, seul avec mes idées décousues, mes ampoules, mes tendons douloureux, et je traînerai ma foulée hasardeuse et ma mélancolie grandissante sur ces mille trente mètres de bitume dont je commence à connaître chaque nid de poule.

J’attends comme je redoute cette malédiction ou ce charme de la course horaire, ce cœur de nuit où, jusqu’à ce que le levant s’éclaircisse, je suis seul avec mes regrets et mes espoirs, indifférent maintenant au tableau électronique qui égrène les tours.

Fidèle – ou prisonnier – de cette revendication de l’ultra endurance qui fait de chacun son plus redoutable adversaire, je me perdrai dans chaque tour du circuit qui s’est fait métaphore du tour de soi.

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24 janvier 2018

On trouve de tout sur l'internet

Y compris de petits films fascinants comme celui ci, un vrai moment zen :

1820s Georgian House Garden Clearance - Time Lapse

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20 janvier 2018

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri.

Une petite ville du Missouri, et une mère qui s'impatiente de l'absence de résultats dans l'enquête sur le meurtre de sa fille.
Sa stratégie pour remotiver les forces de l'ordre est, disons, sujette à controverses.

A voir absolument, pour Frances McDormand au jeu extraordinaire, et pour ce tableau d'amérique profonde, aussi.

THREE BILLBOARDS OUTSIDE EBBING, MISSOURI | Official Red Band Trailer | FOX Searchlight

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07 janvier 2018

La Main de Leila

Tout se passe non loin d'Alger, en 1987.

En 1987, la colère gronde dans l'Algérie où règle la pénurie, et ou le peuple, au bout du rouleau, bascule dans l'insurrection.

Et dans sa salle de spectacle clandestine, Samir rectifie les errements de la censure pour rejouer les plus belles scènes d'amour du cinéma. Quelque chose de Cinema Paradiso, jusqu'au jour où Leila, la fille du colonel Bensaada, assiste clandestinement à une séance consacrée à Casablanca...

Le jeu des acteurs Aïda Asgharzadeh, Kamel Isker et Azize Kabouche est extraordinaire de dynamisme, d'émotion et de brio (ils jouent chacun plusieurs personnages) et ils servent à merveille la mise en scène de Régis Vallée.

LA MAIN DE LEILA / BANDE ANNONCE (Version courte)

 

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